"Big and Open BIM": prochaine disruption de la smart city

15 mars 2018

Par Baudoin Delaporte, Directeur du Développement Immobilier.

Lors de la table ronde "The tech shift in architecture & design: at the users' service"du MIPIM 2018, j'ai eu la chance de pouvoir partager ma vision sur l'évolution de la fabrique de la ville à l'heure du numérique. L'occasion de l'échanger aussi avec vous sur Linkedin.

Smart City et fabrique de la ville : la fin des silos

Un des effets d’Internet et de la connectivité est d’avoir ouvert un champ extraordinaire d’intensification des liens de voisinage. Aujourd’hui, connaître les usages des citadins, les flux d’activités, leur consommation revient, en effet, à améliorer la complémentarité des besoins et des services des habitants. Internet – qui donne accès à l’information - renforce les probabilités de rencontres d’intérêts et de passions communes. L'histoire de l'économie collaborative est d’ailleurs fondée sur ce principe.

Optimiser le fonctionnement de la ville signifie donc pouvoir agir sur les niveaux de proximité les plus forts - l’immeuble, le quartier - en renforçant les relations et l’exploitation des informations de l’activité humaine. C’est rendre visible la « ville fourmilière » et accompagner les modifications de mode de vie, les transformations sociétales et les mutations de la ville elle-même. En cela, les acteurs du monde urbain doivent, aujourd’hui, s’organiser en système afin de faciliter la gestion complexe de ce ‘collectif ville’ dense et changeant.

Le numérique a cet avantage d’offrir une représentation et un modèle central capable de s’imposer comme une architecture malléable de planification, de collaboration et de conception. C’est aussi le moyen de changer l’approche du bâtiment pour le rendre évolutif dans ses usages face au temps qui passe. Le bâtiment devient un hub de plateforme d’échange de services, un ordinateur capable de piloter en temps réel la consommation d’énergie, la production de valeur de ses commerces, la gestion des actifs.

A l’aide des nouvelles technologies qui s’appuient sur un ensemble de données et surtout de logiciels de structuration et de traitement de celles-ci, un référentiel de base d’informations se constitue alors. L’urbaniste, l’architecte, les parties prenantes d’un programme immobilier travaillent sur un ensemble de caractéristiques-utilisateurs propre au bâtiment et son environnement.

"Big and Open BIM", le pari de la ville (vraiment) smart

La technologie du Building Information Modeleling (BIM) constitue, par exemple, une formidable opportunité en venant connecter les métiers et les informations, et créer un langage urbain commun à tous. Le cœur de l’outil tient dans la modélisation 3D ouverte et partagée de l’espace numérisé. Tout devient alors potentiellement possible pour faciliter la construction de scénarios applicables à l’ensemble du cycle bâtiment, ainsi que de ses modèles d’affaires à l’échelle de temps, tant actuelle que future.

Gains économiques, efficience des consommations, taux d’occupations optimisés, amélioration de la sécurité, design transformable selon les attentes des occupants ... et briques technologiques venant s’implémenter pour travailler sur la qualité de vie des espaces : autant de modularités que le bâtiment ouvert sur la ville vient absorber dans son métabolisme.

Dans son étude Shaping the Future of Construction, le World Economic Forum prédit, par exemple : "qu'une augmentation minimale des coûts initiaux de 2% pour supporter une conception optimisée par le BIM conduira en moyenne à des économies de cycle de vie de 20% sur les coûts totaux". 

C’est aussi un facilitateur pour combiner d’autres technologies (machine learning, robotique, impression 3D) et faire de l’innovation incrémentale des matériaux traditionnels. Pour un tel scénario - explique le World Economic Forum - ce dont a cependant besoin aujourd’hui l’industrie, c’est d’un « Big and Open BIM  » qui intègre l’ensemble de la chaine de valeur et se caractérise par une interopérabilité complète des logiciels.

Certaines start-up, à l’instar de Case (rachetée par WeWork), commencent à proposer cette vision réunificatrice de la technologie au service de l’usager.

L’innovation disruptive pour les secteurs de la construction et de l’immobilier se situe certainement ainsi dans ce pari du « Big and Open BIM ». À suivre. 

Source: Linkedin

Expert