17 février 2025
La stratégie payante de Gecina dans les bureaux
IMMOBILIER La foncière de bureaux et de logements a enregistré en 2024 une hausse sensible de son résultat comme de ses revenus locatifs. Elle annonce le lancement de trois restructurations de bureaux à Paris et Neuilly-sur- Seine, pour une livraison prévue en 2027. L’année 2025 a bien commencé pour Gecina. Mi-janvier, la foncière a annoncé avoir précommercialisé l’intégralité de son immeuble de bureaux Icône, soit plus de 10.800 mètres carrés, rue Marbeuf, dans le 8e arrondissement de Paris. Le bail a été conclu pour une durée de neuf ans, auprès d’une société de gestion, à un loyer de 1.200 euros du mètre carré par an. A ce niveau de prix, « nous dépassons ainsi très largement les derniers deals sur le quartier central des affaires », s’est félicité vendredi Beñat Ortega, le directeur général de Gecina, à l’occasion de la présentation des résultats de l’entreprise. La livraison du bâtiment restructuré – un ancien showroom de Citroën – est programmée en avril, après près de trois ans de chantier. L’investissement aura représenté 213 millions d’euros. Pour justifier ce niveau de loyer, Gecina met en avant les prestations de l’immeuble situé à deux pas des Champs-Elysées : il comprendra un hall double hauteur, une façade en verre ultra-performant permettant de résister aux fortes chaleurs, un jardin en rez-dechaussée, des terrasses équipées où il est possible de travailler… Le positionnement de Gecina s’avère payant. La foncière dispose d’un portefeuille valorisé 17,4 milliards d’euros à fin 2024, constitué à 80 % de bureaux et à 20 % de logements environ, pour les trois quarts à Paris et pour le reste en proche banlieue. Ceci à l’heure ou l’offre de bureaux dans la capitale est ultraréduite et la demande reste forte, malgré des loyers élevés. Avec toujours une forte recherche de centralité de la part des entreprises. Le marché des logements en location en région parisienne est quant à lui en pénuries d’offres, souligne régulièrement l’entreprise – assurée de trouver des locataires. La foncière a annoncé de très bonnes performances financières pour 2024. Son résultat net récurrent part du groupe est en hausse pour la troisième année d’affilée. Il a gagné 6,7 %, à 6,42 euros par action, au-dessus des prévisions. Une « performance portée par la croissance des revenus locatifs », indique le groupe, en hausse de 6,3 % sur un an à périmètre constant. Les loyers des bureaux (1,2 million de mètres carrés au total) ont totalisé l’an dernier 566,7 millions d’euros, à +6,1 % et ceux des plus de 9.000 logements 127,8 millions, en baisse de 3,8 % mais en augmentation de 4,7 % à périmètre constant. Gecina a en effet procédé à quelques cessions d’actifs – et doit encore finaliser, au premier semestre de cette année, la vente d’un portefeuille de résidences étudiantes. Cela lui permettra tout à la fois de se désendetter et d’investir dans de nouveaux projets. Le départ d’Engie se prépare 83.000 mètres carrés de bureaux supplémentaires ont encore été commercialisés en 2024, représentant un loyer annuel de 52 millions d’euros. Un niveau loin, néanmoins, de celui des grandes années (180.000 mètres carrés en 2021, un exercice record). Dans le détail, 53 baux ont été signés à Paris et 21 en banlieue. « Le niveau de commercialisation dépend de ce que nous avons à louer et effectivement 2024 a été une année calme. Mais elle a aussi été amputée de 1,5 mois d’activité avec les Jeux Olympiques et les événements électoraux », souligne le dirigeant. L’an dernier, Gecina avait déjà livré trois immeubles restructurés : le Mondo, le 35 Bd Capucines et Porte Sud. Ces opérations ainsi que l’opération Icône, indique l’entreprise, doivent lui permettre de générer 30 % de création de valeur sur ses actifs de bureaux parisiens. Le groupe a par ailleurs lancé trois autres projets de restructuration, représentant encore 500 millions d’euros à investir, et dont la livraison est prévue en 2027. De quoi générer de 60 millions à 70 millions d’euros de loyers sur la période 2027-2028. Il s’agit, à Paris, des projets Quarter (19.100 mètres carrés, 227 millions d’euros d’investissement) et Mirabeau (37.300 mètres carrés, 445 millions) et, à Neuillysur-Seine, du projet Les Arches du Carreau (36.500 mètres carrés, 483 millions). Nouvelle croissance attendue en 2025 Ces livraisons arriveront à point nommé tandis qu’Engie, le plus gros locataire de Gecina qui génère 6 % de ses revenus locatifs, quittera, en 2027, la tour T1 – propriété de la foncière à La Défense. Ceci pour s’installer à La Garenne-Colombes. Beñat Ortega se dit néanmoins confiant dans la capacité à relouer ce gratte-ciel, même si « cela pourra prendre un peu de temps ». Cet immeuble « fait partie des tours de nouvelle génération entièrement optimisées en termes de plateaux. Nous allons rénover les parties communes et améliorer les services, mais il n’y a pas de travaux massifs à réaliser », poursuit-il. Le bâtiment devrait ainsi être remis sur le marché dès 2028. L’entreprise prévoit une nouvelle augmentation du résultat net récurrent part du groupe en 2025, qui devrait s’établir entre 6,60 et 6,70 euros (soit une hausse comprise entre 2,8 % et 4,4 %). « Il s’agira ainsi d’une quatrième année de croissance, malgré nos cessions d’actifs et grâce à nos projets de développement », insiste Beñat Ortega. L’entreprise a par ailleurs profité de la présentation de ses résultats annuels pour annoncer la nomination de Philippe Brassac au conseil d’administration de Gecina, qui sera proposée lors de son assemblée générale du 17 avril. Actuellement directeur général du Crédit Agricole SA, il va passer la main à Olivier Gavalda après l’assemblée générale du géant bancaire, le 14 mai. n Gecina a procédé à quelques cessions d’actifs et doit encore finaliser, au premier semestre, la vente d’un portefeuille de résidences étudiantes. Elsa Dicharry Crédit photo:Photo PCA Le projet Icône, près des Champs-Elysées, devrait être livré en avril.
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