17 juillet 2020
La transformation de l'ancien temple parisien de Peugeot bat son plein
Quelque 200 ouvriers masqués s'activent actuellement avenue de la Grande-Armée à Paris, à deux pas de la porte Maillot, dans l'ancien siège de PSA Peugeot Citroën. Gecina a racheté en 2015 ce bâtiment chargé d'histoire typique des années 1960 de près de 35.000 mètres carrés de surface pour le transformer et le louer. Les travaux ont commencé début 2018, après que les équipes du constructeur d'automobiles ont déménagé en 2017. Le « L1ve » est actuellement le plus important projet de restructuration mené par la foncière, pour un montant total de 514 millions d'euros (valeur du bâtiment avant travaux + montant des investissements à réaliser). En ce moment, les équipes d'Eiffage - l'entreprise de BTP à la manoeuvre sur ce chantier spectaculaire avec le cabinet d'architecture Baumschlager Eberle Architekten - détruisent un noyau d'ascenseur, au coeur de l'édifice, qui sera remplacé par un escalier monumental. Les ouvriers vont et viennent aussi dans la partie de l'immeuble située rue Pergolèse, qui sera doté d'un toit terrasse. Terrasses et espaces verts « C'était ici le royaume de l'automobile. Un siège construit par et pour Peugeot, avec six niveaux de sous-sols et plus de 600 places occupées par des voitures. On y trouvait des bureaux, mais aussi une salle d'exposition des produits dédiée aux concessionnaires » au rez-de-chaussée, explique Baudouin Delaporte, directeur du développement chez Gecina. Dans le cadre de la restructuration engagée, un certain nombre de caractéristiques de l'édifice construit entre 1966 et 1971 et dessiné par les trois architectes de la famille Sainsaulieu vont être préservées. Son histoire automobile, elle, sera gommée, afin de laisser aux nou-veaux arrivants la possibilité d'imprimer leur patte. « Nous allons par exemple conserver tous les chapiteaux en béton de la nef qui servait de showroom », explique le dirigeant. De même, la façade graphique de 110 mètres de long sera mise en valeur et parée de métal. En revanche, la rampe d'accès au parking va disparaître sous un jardin. Plus généralement, le projet donne la part belle aux espaces extérieurs et aux espaces verts, avec 3.500 mètres carrés dédiés. « Nous avons aussi travaillé à faire venir énormément de lumière dans l'immeuble », souligne Baudouin Delaporte. Un travail impor-tant a encore été effectué pour récupérer un maximum de matériaux et éviter la production de déchets. Le granit de la façade a ainsi été retiré et retaillé pour constituer les 1.000 mètres carrés de sol de la galerie. Toutes les cloisons vitrées ont été réutilisées pour faire du mobilier. En tout, 394 tonnes d'émissions de CO2 sont évitées grâce au réemploi de 81 tonnes de matériaux, assure Gecina. Le projet est également vert en termes de production d'énergie, avec un système de géothermie et 700 mètres carrés de panneaux photovoltaïques installés sur l'édifice. Le futur bâtiment comprendra des bureaux, un restaurant, des salles de réunion, un amphithéâtre éclairé par la lumière naturelle, des locaux à vélos, des vestiaires, et peutêtre une salle de fitness. Il ne sera livré que mi-2022, mais il a déjà trouvé un occupant. Le cabinet de conseil en stratégie BCG, très actif dans le secteur de l'automobile, a signé, en février 2020, un bail de douze ans pour l'occupation de 80 % des locaux. Les 20 % restants sont encore à louer. E. Di.
La date
2022 Date de livraison du bâtiment.
Un premier locataire, le BCG, a déjà signé son bail.
E. Di.
LES ECHOS
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