Immobilier tertiaire : des mètres carrés aux clients

30 août 2018

Par Méka Brunel, Directrice générale de Gecina

Les messages que je souhaite faire passer lors de mon intervention sur le futur du bureau à l’occasion de la Conférence annuelle de l’EPRA (European Public Real Estate Association) à Berlin.

Le modèle des années 90 est bel et bien enterré, celui des périphéries pavillonnaires made for Desperate Housewives, induisant des déplacements pendulaires pour s’écarter du bouillonnement urbain. Il s’est vu remplacer par celui de la centralité, où expérience, mobilité, bien-être et accessibilité deviennent les nouveaux « mantra ».

C’est, en effet, avec l’arrivée de la génération millennials au sein de la population active que les modes de travail et les environnements de bureaux ont dû évoluer. L’imaginaire ainsi créé autour du campus universitaire et du quartier d’affaires isolé et proposant un « espace-total » sans ouvertures sur la ville s’est déconstruit au profit d’un univers misant sur la proximité, l’approche servicielle et la connectivité. Ce sont en partie les promesses du co-working – dont WeWork expérimente les frontières. Certains y voient aussi le modèle des villes superstars s’appuyant sur les « trois T de réussite économique » (tolérance, talents et technologie) de Richard Florida, professeur et directeur du Martin Prosperity Institute (Université de Toronto).

Estimés par certaines études comme représentant 75% de la population active dans le monde d’ici 2025, les Millennials provoquent un changement certain de paradigme dans le secteur de l’immobilier tertiaire. En invitant à inverser la chaine de valeur de l’immobilier pour y placer au centre l’utilisateur, les Millennials viennent provoquer ce vieux spectre qui hante l’immobilier de bureau : le spectre du client. Nous sommes ainsi passés d’un « immobilier-immobilis » à un « immobilier-as-a-service ». Si ce n’est pas une révolution, c’est d’une transformation extrêmement profonde dont nous parlons.

#EPRAconf

Source: Linkedin

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