Paris, France, 5 juillet 2019

Les métropoles doivent redevenir attractives pour les actifs et les classes moyennes

Par Méka Brunel, Directrice Générale de Gecina

En 2050, 70% de la population mondiale vivra en ville. Prendre la mesure de ce phénomène c’est réfléchir et agir pour que les plus grandes villes redeviennent accessibles et accueillantes, en particulier pour les classes moyennes, qui sont au cœur de la dynamique économique. Pour renouer avec la confiance, l’enjeu consiste aussi à réussir la densification urbaine afin qu’elle soit plus fluide et inclusive. 

 

La vie, c’est le mouvement. Nous sommes à l’âge de la mobilité, mobilité professionnelle, au gré des entreprises et des statuts, mais aussi mobilité personnelle, avec des parcours de vie à géométrie variable. Études, vie de couple et de famille, séparation, recomposition, vie à deux après le départ des enfants, cette flexibilité fait partie des fondamentaux de notre existence. Pourtant, elle est de plus en plus difficile à maintenir, notamment en ville. Les exemples de blocages sont légion : on hésite à accepter un poste, pourtant intéressant parce qu’il est trop loin de son domicile. A l’inverse, on redoute de quitter un logement au loyer raisonnable pour se rapprocher de son travail, situé dans un quartier trop cher. 

A l’écoute des tensions urbaines 

La gentrification serait-elle en train de figer le cœur de nos villes ? Allons-nous vers des métropoles où ne pourront plus se maintenir que deux catégories sociales :  les très riches, sur un marché de l’immobilier privé devenu inaccessible aux salariés, ou les faibles revenus, éligibles au logement social ? Alors que la métropolisation – autrement dit l’accroissement annoncé de la population urbaine, à un horizon proche – est sur toutes les lèvres, la question mérite d’être posée clairement. C’est d’autant plus vrai qu’un peu partout dans l’hémisphère Nord, des mouvements de contestation se font entendre dans les métropoles : crise contre les grands acteurs du logement à Berlin, mouvement des gilets jaunes en France, fronde contre les projets de Google à Toronto ou celui d’Amazon à New York. Les classes populaires mais aussi les classes moyennes disent leur mécontentement et incitent les décideurs à dépasser les vieilles oppositions entre zones rurales, périphériques et centres urbains.

Quelle densification demain ?

Avec Carlo Ratti, architecte et professeur au MIT, et Jean Jouzel, climatologue et ancien vice-président du GIEC, nous avons croisé nos approches. Nos échanges sont à découvrir et à écouter sur theurban.gecina.fr dans le dernier épisode de notre podcast The Urban.

Nous le savons, après des décennies d’étalement urbain, l’avenir est désormais à la ville dense et à l’installation des nouveaux citadins autour de pôles de transports et de services performants. C’est salutaire car c’est avec la ville dense que nous pouvons agir sur l’empreinte carbone de la mobilité et lutter contre le réchauffement climatique.

Mais les villes de demain doivent rester ou redevenir attractives pour les classes moyennes. On voit déjà, dans certaines régions, comme dans la Silicon Valley, les jeunes urbains préférer s’installer dans des villes moins chères, où ils pourront se loger décemment. Pour créer une offre de logements, de qualité et à un prix raisonnable dans ces zones les plus centrales, il faut permettre le développement du modèle des investisseurs institutionnels, aux côtés des logements sociaux, de l’acquisition et du marché locatif géré par les particuliers. Ces derniers peuvent contribuer positivement à ce que les métropoles de demain soient plus inclusives, plus accueillantes pour cette classe moyenne qui est le moteur de la dynamique économique urbaine. C’est un prérequis pour retrouver le chemin de la confiance. 

Dans le cas contraire, le cœur des métropoles se videra. Elles deviendront des coquilles sans âme, des ‘villages Potemkine’ à destination des touristes et le sentiment d’exclusion progressera. Nous aurons échoué à répondre à l’urgence climatique et sociale. Un avenir dont personne ne veut et que nous pouvons, j’en suis convaincue, éviter ensemble.

Source: Linkedin

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