5 août 2020
« A 50 ans, j'ai quitté Gecina pour créer Eurosic »
Episode 17 « Prendre son risque ». C'est une des expressions préférées d'Emmanuel Macron. Et vous, quand avez-vous pris votre risque? Cet été, pour l'Opinion, trente personnalités se dévoilent. « Prendre son risque », je ne sais pas si cette expression convient à mon parcours. Probablement que non. J'ai quelques fois dans ma vie pris des options qui pouvaient être assimilées à une prise de risques. Probablement la plus marquante fut ma décision, à 50 ans, de quitter Gecina et son confort, deux ans avant la crise financière de 2008 pour aller créer la foncière Eurosic, une ancienne société de crédit-bail à transformer complètement. Certes, j'avais l'appui de la Banque actionnaire, la banque Palatine, mais il a fallu tout mettre en oeuvre en partant seule à la tête de l'entreprise : process, méthode, création de l'équipe, recrutements, choix des outils Jusqu'à l'achat de la photocopieuse dont je mesurais pour la première fois l'importance et la difficulté du choix !En quelques mois, Eurosic est devenue une foncière cotée : acquisition d'actifs, augmentation de capital, acquisition d'une autre foncière (Vectrane), mise en place d'une dette structurée long terme Nous portions de quelques dizaines de millions à près de 1,5 milliard d'euros la valeur des actifs de l'entreprise. Le temps pressait, la crise des subprimes n'était pas loin. Elle a d'ailleurs profondément impacté tout le secteur immobilier pendant des années. Puis, j'ai quitté Eurosic fin 2008 pour rejoindre Ivanhoé Cambridge, filiale immobilière de la caisse des dépôts du Québec, à la tête des activités européennes. Des années ont passé. Depuis janvier 2017, je suis directrice générale de Gecina, une magnifique entreprise que j'ai l'honneur de diriger. Ironie du sort, juste après ma prise de fonction, j'ai eu l'opportunité de piloter l'acquisition d'Eurosic. Elle n'était plus la petite foncière que j'avais connue mais une belle et grande foncière qui a contribué à profondément changer la trajectoire de Gecina en la propulsant au rang de première foncière européenne de bureaux. J'ai quitté un grand confort de fonctionnement fin 2006 pour un redémarrage en abandonnant beaucoup d'avantages. Je retiens finalement que cette expérience m'a permis de m'affirmer pleinement en tant que femme dirigeante, de travailler beaucoup et d'apprendre énormément. Le risque est souvent une opportunité.
J'ai quitté
un grand confort
de fonctionnement
pour un redémarrage
Méka Brunel Méka Brunel, directrice générale de Gecina. Crédit photo:THOMAS LAISNÉ
L'OPINION
Lire l'article